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Séminaire CoCultures 2ème édition

Séminaire CoCultures 2ème édition

21 oct. 2025

Évènement

Séminaire sur les associations de cultures

Séminaire sur les associations de cultures

Retour sur la 2ème édition du séminaire CoCultures !

Le séminaire CoCultures a une nouvelle fois réuni scientifiques, maraîcher.e.s et jardinier.e.s de la région toulousaine pour échanger autour des associations de cultures de légumes.

Nou souhaitons chaleureusement remercier tous les particpant.e.s qui ont pu venir lors de ce séminaire et de l'intérêt porté à ce projet !

Voici un bref compte rendu des présentations de l'après-midi, avec le support visuel à télécharger (ci dessus) :

1. De la santé des sols à la santé globale !

Camille Dumat (Professeure en science du sol, Toulouse INP) a rappelé que la santé des sols est le fondement de la santé globale, assurant 95 % de notre alimentation et régulant le climat. Face à la dégradation de 70 % des sols, de nouvelles régulations comme la directive européenne Soil Monitoring Law visent à assainir les terres d'ici 2050 en les reconnaissant comme un patrimoine essentiel. L'évaluation de cette "santé" repose sur une approche systémique combinant des tests de terrain (comme le test tactile du boudin pour la texture) et des analyses en laboratoire (pH, granulométrie, métaux). Enfin, la présentation met en avant le ratio matière organique/argile comme l'indicateur clé de la résilience et de la structure du sol.


2. Bénéfices et mécanismes des associations de cultures

Mathieu Hanemian (Chargé de recherche interaction plante-plante, INRAE) a détaillé les intérêts des cultures associées : augmentation des rendements, amélioration de la qualité des sols et eau et meilleur contrôle des bioagresseurs. Il a expliqué les principes de complémentarité et de facilitation à travers l'exemple de la "milpa" (maïs, haricot, courge), une association ancestrale emblématique qui rend de nombreux services écosystémiques. Mathieu nous a ensuite emmené en balade virtuelle dans son jardin, pour nous montrer ses tests d'association de culture. Son message ? Il n'y a pas de règle prédéfinie, testez vos propres idées d'associations et observez les résultats !


3. Interroger les pratiques d'associations de cultures de légumes par la sociologie

A travers sa thèse menée en sociologie Maya Rastouil (Doctorante en sociologie, 1ère année)  propose de s'écarter résolument d'une lecture techniciste des dynamiques d'adoption des pratiques agricoles, en cherchant à comprendre non seulement qui a accès à l'information, mais surtout dans quelles conditions sociales les savoirs relatifs aux associations de cultures de légumes (ACL) sont reconnus comme recevables, légitimes et pertinents, ou, au contraire, marginalisés et disqualifiés. Son travail articule ainsi l'analyse des savoirs et pratiques agroécologiques à une étude critique des rapports sociaux. Ce faisant, l'approche s'intéresse en particulier à la tension et au conflit de légitimité entre les savoirs dits « experts » ou institutionnalisés (scientifiques, agronomes) et les savoirs endogènes (expérientiels, traditionnels) des jardinier·es et maraîcher·es. Les ACL apparaissent comme un analyseur pertinent car leur adoption est le produit d'une intrication complexe de facteurs personnels, sociaux, réglementaires, symboliques et matériels. En adoptant une grille intersectionnelle (genre, classe, race), la recherche vise à resituer ces processus dans des mondes sociaux différenciés, traversés par des rapports de domination distincts. L'objectif étant ainsi de questionner les potentielles logiques de distinction sociale et les phénomènes éventuels de gentrification verte liés à l'agriculture urbaine et aux pratiques agroécologiques, en questionnant comment ces facteurs façonnent l'appropriation, l'écartement, et la légitimation des ACL dans les différents espaces (parcelles professionnelles, jardins collectifs). En définitive, il s'agit d'adopter une approche socio-technique élargie pour rendre compte des multiples dimensions qui modèlent les trajectoires d'adoption des pratiques agroécologiques, dont font partie les ACL. 50 entretiens semi directifs ainsi que des observations ont été réalisés auprès de jardinier·es (participant·es ou non à CoCulture), maraîcher.es (participant·es ou non à CoCulture), membres d’associations (Partageons les jardins), personnes travaillant au sein du service de la mairie en charge de la gestion des jardins ainsi qu’avec des responsables associatifs (président·es, membres de bureaux) entre la Haute Garonne ( principalement Toulouse) et le Gers. Les résultats préliminaires de cette première enquête ne sont pas encore publiés et seront complétés par de nouveaux entretiens et observations dans le futur.


4. Résultat expérimentation Tomate-Haricot 2024 - 2025

Léonie Falgous (Doctorante en agroécologie, 1ère année) a partagé les résultats des expérimentations menées sur l'association tomate-haricot. Deux méthodologies d'expérimentation ont été comparées : une participative chez des jardinier.e.s (4 m²) et une standardisée localisée sur un seul lieu (100 m²).

  • Rendement : Dans les deux cas, le LER (Land Equivalent Ratio) est supérieur à 1, prouvant que l'association est plus productive que les cultures seules sur une même surface.

  • Services écosystémiques : On observe une réduction significative de la biomasse des herbes adventices.

  • Microbiote du sol : Un résultat inédit a été révélé ! Le microbiote du haricot change selon qu'il est cultivé seul ou avec la tomate. Si chaque espèce possède son propre microbiote, l'association influence directement la composition des communautés bactériennes, ouvrant de nouvelles pistes sur les fonctions de ces bactéries.


5. Interaction plantes-pollinisateurs en milieu urbain

Nathalie Escaravage (Enseignante-chercheuse écologie et biodiversité, CRBE) nous a partagé une partie de ses recherches sur les interactions plantes-pollinisateurs dans le milieu urbain. Cette étude sur la biodiversité urbaine démontre que la pollinisation repose sur une grande variété d'insectes sauvages bien au-delà de la seule abeille domestique. Ses recherches menées à Toulouse prouvent que la gestion des espaces verts est déterminante : si les plantes ornementales attirent surtout les espèces généralistes, les zones de végétation spontanée sont indispensables à la survie des petites abeilles sauvages. Pour protéger efficacement ces pollinisateurs, il est recommandé de diversifier les ressources florales locales et de réduire la fréquence des tontes. À l'inverse, l'installation d'hôtels à insectes ou la multiplication excessive des ruches en ville constituent souvent des pièges écologiques qui fragilisent les populations naturelles.


La journée s'est terminée par un moment convivial autour d'un goûter !